Survie, philosophie et politique

L’ignorance n’est plus une excuse

Le Mythe de l’Inévitabilité : Un Réquisitoire contre la Médecine Moderne et l’Agriculture Intensive

On nous a répété, encore et encore, que la médecine moderne et l’agriculture intensive sont les piliers indispensables du progrès humain. Que sans elles, nos vies seraient plus courtes, plus fragiles, et que les famines nous guetteraient à chaque coin de rue. Mais cette rhétorique, répétée comme un mantra par ceux qui en tirent les bénéfices, n’est qu’une illusion soigneusement construite. Le mode de vie occidental, prétendument supérieur, s’avère non seulement nuisible à l’ensemble du vivant, mais repose aussi sur des mensonges bien orchestrés par ceux qui contrôlent le pouvoir économique et politique.

La Médecine Moderne : Une Illusion de Progrès

D’un côté, la médecine moderne a certes accompli des avancées dans la gestion des maladies aiguës, mais elle se présente comme une réponse unique à la quête humaine pour la santé et la longévité. Le vrai visage de la médecine moderne est celui d’un système qui s’attaque aux symptômes plutôt qu’aux causes, qui maintient les individus dans une dépendance perpétuelle aux médicaments et aux traitements coûteux. Tout cela au détriment de pratiques préventives plus simples et naturelles, telles que l’alimentation saine, les remèdes traditionnels, et les modes de vie qui ont fait leurs preuves au fil des siècles.

Les peuples des zones bleues, ces régions où l’on vit bien au-delà de 100 ans, ne doivent rien aux traitements sophistiqués de la médecine moderne, mais tout à leur environnement, à leurs aliments locaux, et à leurs liens sociaux forts. Ils démontrent ainsi que la quête de la longévité ne passe pas par les médicaments chimiques ou la chirurgie, mais par des modes de vie qui respectent la nature et le corps. La médecine moderne, dans son arrogance, a étouffé ces approches holistiques, les qualifiant de « non-scientifiques », alors qu’elles étaient souvent plus efficaces et durables.

L’Agriculture Intensive : Un Poison Caché derrière les Rendements

D’un autre côté, l’agriculture intensive, portée aux nues après la Seconde Guerre mondiale, a été imposée comme la seule manière de nourrir une population mondiale croissante. Avec ses monocultures stériles, ses pesticides destructeurs et ses engrais chimiques, ce modèle agricole a été promu par des entreprises agro-industrielles avides de profit, prétendant que cette voie était la seule « rationnelle » et « scientifique ». En réalité, ce modèle a détruit les sols, pollué les eaux, éliminé la biodiversité, et rendu les petits agriculteurs dépendants d’intrants coûteux qu’ils ne peuvent souvent pas se permettre.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : l’agriculture intensive n’était pas une réponse inévitable aux défis alimentaires. Des modèles alternatifs existaient déjà. L’agriculture biologique, l’agroécologie, et les méthodes traditionnelles de polyculture étaient déjà bien comprises à l’époque, mais elles ont été dénigrées par les élites politiques et économiques. Pourquoi ? Parce que ces méthodes, bien qu’efficaces et durables, ne généraient pas les profits astronomiques qu’offraient les pesticides, les semences hybrides brevetées, et les engrais chimiques. Des lobbys puissants ont financé des campagnes de désinformation pour décrédibiliser ces pratiques, étiquetant l’agriculture biologique comme inefficace ou rétrograde. En réalité, ces méthodes étaient non seulement viables, mais essentielles pour préserver la santé des sols et des écosystèmes.

L’Évolution Naturelle ou le Masque de la Domination ?

Enfin, on nous raconte que ce modèle occidental d’agriculture intensive et de médecine moderne est l’évolution « naturelle » de la société humaine. Qu’il représente la marche inéluctable du progrès. Mais ce récit est une fiction, construite par ceux qui en profitent. Loin d’être naturelle, cette évolution a été délibérément orchestrée par les intérêts privés de la classe dominante, les grandes entreprises agroalimentaires et pharmaceutiques qui se sont enrichies en détruisant les ressources naturelles de la planète et en exploitant les populations.

Les alternatives à ces modèles existaient bel et bien. L’agroécologie, la permaculture, les médecines traditionnelles, les régimes alimentaires basés sur des aliments non transformés étaient déjà à l’œuvre dans des cultures ancestrales et dans des régions où l’on vit en harmonie avec la nature. Mais ces alternatives ont été évincées du débat public par des campagnes agressives de lobbying, des recherches biaisées, et des décisions politiques influencées par des multinationales avides de contrôler le système alimentaire et de santé mondial. Au lieu de soutenir ces modèles durables, les gouvernements ont préféré se lier aux entreprises qui promettaient des rendements plus élevés et des « miracles » technologiques, aux dépens de l’environnement et de la santé humaine.

Plaidoyer pour un Retour à la Réalité

Il est temps de rejeter cette fiction d’une évolution inévitable vers un modèle destructeur. Ce que les partisans du mode de vie occidental omettent de dire, c’est que ces choix ne sont pas faits pour le bien de l’humanité, mais pour maximiser les profits d’une élite restreinte. Nous devons reconnaître que les alternatives existent, qu’elles sont viables, et qu’elles ont été écartées non pas pour leur inefficacité, mais parce qu’elles ne s’intègrent pas dans un système économique qui privilégie la croissance à tout prix.

Le véritable progrès ne réside pas dans l’industrialisation à outrance ni dans la dépendance aux technologies médicales coûteuses, mais dans la capacité à coexister en harmonie avec la nature et à adopter des pratiques qui respectent la vie dans toutes ses formes. Cette évolution n’est pas naturelle. C’est un choix. Et il est grand temps de faire un autre choix : celui de la durabilité, du respect de la planète, et de la santé humaine au-delà des intérêts privés.

1. Critique de la médecine moderne

  • Ivan Illich, Némésis médicale: l’expropriation de la santé (1975)
  • Barbara Ehrenreich, Natural Causes: An Epidemic of Wellness, the Certainty of Dying, and Killing Ourselves to Live Longer (2018)
  • Michel Foucault, Naissance de la clinique (1963)
  • Peter C. Gøtzsche, Deadly Medicines and Organised Crime: How Big Pharma Has Corrupted Healthcare (2013)

2. Critique de l’agriculture intensive et ses alternatives

  • Rachel Carson, Silent Spring (1962)
  • Vandana Shiva, Who Really Feeds the World? The Failures of Agribusiness and the Promise of Agroecology (2016)
  • Olivier De Schutter et al., Agroécologie et droit à l’alimentation: vers un modèle agricole qui concilie productivité et durabilité
  • Miguel Altieri, Agroecology: The Science of Sustainable Agriculture (1995)
  • Albert Howard, An Agricultural Testament (1940)

3. Manipulation par les lobbys et intérêts privés

  • Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto: de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien (2008)
  • Naomi Klein, La Stratégie du choc: la montée d’un capitalisme du désastre (2007)
  • Philip Mirowski, Never Let a Serious Crisis Go to Waste: How Neoliberalism Survived the Financial Meltdown (2013)
  • John Perkins, Confessions of an Economic Hit Man (2004)

4. Sur la durabilité des alternatives rejetées

  • Pierre Rabhi, Vers la sobriété heureuse (2010)
  • Fritjof Capra, The Web of Life: A New Scientific Understanding of Living Systems (1996)
  • David Montgomery, Dirt: The Erosion of Civilizations (2007)

5. Rapports et articles scientifiques

  • FAO, Agroecology: Scaling Up for Sustainable Food Systems (2018)
  • IPBES, Global Assessment Report on Biodiversity and Ecosystem Services (2019)
  • UNCTAD, Wake Up Before It’s Too Late: Make Agriculture Truly Sustainable Now for Food Security in a Changing Climate (2013)